Une échappée dans le chaos du monde.

Laissez moi vous raconter une histoire. La dernière.

Ce texte était censé être long mais je n'ai même plus la force d'écrire. Ne m'excusez pas.

Au fond, je suis bien incapable d'aimer. Bien incapable d'être désiré, envié. Incapable de faire face, de croire en nous. Parce que je ne me suis jamais senti aussi seul. Et que le monde a continué sa marche salutaire, sans moi. Il est temps de leur dire au revoir. A ceux qui se sont, de près ou de loin, intéressés à ce que j'écris. A ceux qui ont cru que je pourrais y arriver. A ceux qui pensent me connaître par coeur mais qui ne savent rien, qui ne voient rien. A lui, mon miroir. A elle, que je n'aurais jamais su satisfaire. Et maintenant ? Accomplir un vieux rêve. Marcher jusqu'à l'épuisement et crever dans un fossé le long d'une route. Pour que l'histoire s'arrête. Pas la vôtre, pas celle du monde. Seulement la mienne.

A un de ces jours les amis.

# Posté le vendredi 07 novembre 2008 10:46

Modifié le mardi 11 novembre 2008 11:44

A chaque sépulture, il y a un homme qui reçoit le fardeau de la main de l'homme qui va se reposer.

A chaque sépulture, il y a un homme qui reçoit le fardeau de la main de l'homme qui va se reposer.
Un après-midi comme les autres, gris et déprimant. Un jour d'octobre banal. Il est 16h30 quand le père, affairé derrière son bureau à régler, signer et trier ses chèques, reçoit un appel. C'est sa mère. A la seconde même où il entend sa voix, il sait déjà tout. Sa mère ne le contacte jamais, alors pourquoi maintenant ? Deux minutes plus tard, un téléphone termine son vol contre le mur. Le père est assis derrière son bureau. Il ne bouge plus. A quoi bon crier, à quoi bon pleurer ? Pas un mot mais un regard vers le ciel, plus réel et plus censé que toutes les larmes de faiblesse qu'il retient. A 16h45, le père appelle sa femme, mère au foyer depuis la naissance du quatrième enfant. Elle se contente d'écouter, d'être là. Rien de plus, rien de superficiel. La nouvelle ne se lit pas sur son visage. Non pas qu'elle ne ressente rien, oh non ! La femme est déjà passée par là. Elle s'est construite une barrière interdisant le passage à toutes émotions. Elle s'est promis d'être forte depuis la mort de son grand frère, à l'âge de 18 ans. Elle voudrait réconforter l'homme qu'elle aime, lui dire ces mots qu'on entend dans les films à l'eau de rose et qui sont censés rapporter l'espoir et la lumière à l'être en peine. Elle voudrait mais ne peut. Sa barrière a fait d'elle une personne vide, qui n'y arrive plus. Il est 17h00 quand la femme se décide enfin à l'annoncer aux deux plus jeunes de ses quatre enfants, respectivement âgés de 10 et 14 ans. Elle commence par la fille, la benjamine de la famille. Pas de discours mielleux, pas d'effondrements en larmes, seulement trois mots. Trois mots pour changer une vie, vous croyez ça possible vous ? La jeune fille n'avait jamais connu ça. Ca y est, aujourd'hui commence le reste de sa vie, marqué au fer rouge sur son coeur. En fin de compte, elle a de la chance. Elle ne connaissait pas beaucoup cet homme, ce qui ne l'empêchait pas de l'aimer de toute son âme. De la chance ? Oui, car la petite fille n'est pas stupide. Elle savait que ça arriverait un jour ou l'autre. Alors elle se met à genoux et prie devant la croix accrochée à son mur. Elle remercie Dieu de ne pas lui avoir repris ses frères, sa mère et son père. Elle lui demande de prendre soin de cet homme et promet qu'elle priera pour lui chaque soir avant de se coucher. Le garçon de 14 ans apprend la nouvelle à 17h05. Il ne pose aucune question, ne veut rien savoir de plus. C'est à peine s'il regarde sa mère. Comme à son habitude, il monte dans sa chambre d'une démarche nonchalante, ferme la porte sans bruits derrière lui, et s'allonge sur son lit. C'est à ce moment là, à l'abri des regards, qu'il redevient lui-même. Il pleure en silence, les poings serrés. Il hait ce monde, ses amis, sa famille, le collège, le sport. Et pourtant, il pleure. Car il vient de perdre son être le plus cher, celui qu'il admirait, celui-là même qui lui a appris à jouer aux échecs. Il se rappelle du jour où il lui avait rendu visite, l'allure triomphante avec la coupe du championnat régional d'échecs dans les mains. Il se rappelle du regard que cet homme lui avait lancé. Le plus beau jour de sa vie, voilà ce que c'était. Le cadet de la famille, un lycéen de 17 ans, reçoit un coup de fil à 17h10. Il sort des cours quand il entend la voix de sa mère prononcer les trois mots glacials. Ses joues deviennent rouges, son coeur s'emballe. Il se dit que non, ça n'est pas réel, pas à nouveau. Pas après s'être reconstruit en jeune homme charmant, drôle et sûr de lui. Pas après avoir survécu au reste. Il cogne violemment du pied le premier mur qui passe. Sa petite amie, inquiète, lui demande ce qui s'est passé. Rongé par la haine, il l'envoie promener en lui faisant comprendre qu'elle ne peut pas l'aider avant de s'enfuir en courant vers le parc. Il s'assoit sous son arbre favori, comme à chaque fois. Allongé dans l'herbe fraîche, ses larmes se mêlent aux gouttes de pluie de l'averse passagère qui le trempe jusqu'aux os. Il se fout d'être mouillé car à ce moment précis, il est invincible. L'aîné de la famille, âgé de 19 ans, est le dernier au courant. Il est également le seul à l'être par hasard. A 17h20, c'est en voulant prévenir sa mère qu'il ne rentrerait pas à la maison pour dîner qu'il entend à son tour les trois mots. Il commande un café, allume une cigarette et branche son walkman. Il est triste bien sûr, mais ça va plus loin que ça. C'est en souriant qu'il annonce à deux amis qu'il doit rentrer chez lui. Paraître fort avant tout, ne pas se laisser emporter, voilà comment il voit les choses. C'est dans le bus que les premières larmes coulent, cachées par ses lunettes de soleil noires. Les souvenirs reviennent à la vie, il maudit que ça ne soit seulement que maintenant. Mais alors, ces trois mots qui ont détruit en l'espace de 40 minutes six personnes, ces trois mots, quels sont-ils pour faire si mal ? "Papy est mort."

# Posté le mardi 21 octobre 2008 16:57

Modifié le mardi 21 octobre 2008 17:10

Les héros de ma mémoire.

Les héros de ma mémoire.
J'ai réussi. Je vais être publié.




Dans les mythes de l'ancienne Palestine, Belial est le démon des ténèbres et des "sans-dieu". Dans l'Ancien Testament, il est fait mention des "enfants de Belial", ceux qui s'opposent à toute loi et à l'ordre.

Jamais les Enfers n'ont reçu d'esprit plus dissolu, plus haineux, plus crapuleux que le sien. Il n'existe pas de démon aimant le vice pour le vice autant que lui.
C'est le Prince des Mensonges, et également le Prince du Feu, associé à la région nord des Enfers. En hebreu "Beli Ya'al" siginife : "Sans Valeur" ou encore "Inutile." (Belial est l'équivalent grec de "Beli Ya'al").
Il est dit qu'il a été créé immédiatement après Lucifer lui-même et fut un de premiers anges à se révolter contre Dieu. C'est pourquoi il fut rejetté du ciel. Dans certaines versions, c'était un membre de l'ordre des Vertus, pour d'autres, il faisait parti de l'ordre des Anges.

Dans certains écrits juifs, Belial est considéré comme le chef de tous les démons, comme par exemple dans l'un des parchemins de la Mer Morte :
" But for corruption thou hast made Belial, an angel of hostility. All his dominions are in darkness, and his purpose is to bring about wickedness and guilt. All the spirits that are associated with him are but angels of destruction."

Belial est également mentionné dans un fragment du travail de Zadokite qui dit que lorsque l'Antéchrist viendra, Belial devra être lâché sur Israël, tandis que Dieu envera le prophète Isaiah.
Les mêmes fragments font mention des "3 filets de Belial" qui sont la fornication, le luxe, la profanation des églises. Toujours dans ces fragments, Belial est parfois présenté comme un agent de la punition divine, parfois comme un rebel. Il y est également dit que tout esprit manipulé par Belial et qui propage la rebellion doit être condamné pour nécromancie et sorcellerie.

Belial est aussi mentionné dans le Testament des 12 Patriarches. L'auteur de l'oeuvre est apparement un dualiste, puisqu'il présente Belial comme étant un opposant de Dieu, pas un serviteur, mais n'explique pas comment cela a pu arriver.

De son coté, Simeon prétend que la fornication est ce qui sépare les hommes de Dieu et les rapproche de Belial.

Levi lui, demande à ses enfants de choisir entre "Les Lois de Dieu" et les travaux de Belial. Il prétend également que lorsque l'âme est sans cesse perturbée, le Seigneur l'abandonne et Belial règne alors sur elle.

Conformément à la hiérarchée médiévale, Belial est un Prince aux Enfers, où il commande 80 légions. Il apparaît sous la forme d'un bel ange assis sur un char de feu tiré par des dragons. Pour conjurer Belial, on doit lui faire des offrandes et des sacrifices. Il répond de la plus suave et plus plaisante voix qui existe, mais elle est hypnotique. A moins que l'on ne le tienne en respect en invoquant sans cesse le nom de Dieu, Belial vous manipulera et vous trompera. A ceux qui réussissent à gagner son amitié, il est dit qu'il distribuera faveurs et présents sans y regarder.
Belial est également supposé être un ambassadeur des Enfers, un demi-dieu de la corruption et des assassinats secrets, et spécifiquement lié aux horreurs de Sodom et Gomorrhe. C'est le démon de l'Impurté, du jeu, et plus spécifiquement des jeux de cartes et des tricheurs.

Beaucoup a été dit à propos de Belial. Et en tant que Prince des Mensonges, il a été immortalisé dans le "Paradis Perdu" de Milton:
"A fairer person lost not Heaven; he seemed
For dignity composed and high exploit:
But all was false and hollow; though his tongue
Dropped manna, and could make the worse appear
The better reason, to perplex and dash
Maturest counsels : for his thoughts were low;
To vice industrious, but to noble deeds
Timorous and slothful. "

# Posté le jeudi 16 octobre 2008 07:02

When the Haars Rolls In

Un aller-retour qui effraye. Sortir vivant d'une tumeur de six mois ou échouer pitoyablement aux portes de la liberté ? Le soleil dessine sur mon visage blafard l'ombre d'un sourire. Retenu et apeuré. Le silence est pesant. Je n'aime pas le train, cette antichambre de la gêne et de la conformité maladive du monde. Le moindre bruit dérange, un reniflement vous attire la foudre de votre voisine d'une cinquantaine d'années. Son regard vous fait comprendre qu'elle se veut supérieure à vous, qu'elle n'appartient pas au même milieu. Une rencontre, un échange ? Non, juste un sourire malhabile pour que vous laissiez passer son cul grassouillet dans l'allée. Un enfant me fixe, c'est bien le seul qui se fout de la politesse mensongère du wagon. J'admire sa liberté, lui lance un sourire maladroit qu'il me rend en enfonçant sa main entière dans sa bouche. J'aimerais lui parler, savoir pourquoi il va à Paris, connaître son prénom, ses goûts, sa vie entière. Un mètre nous sépare mais le mur est infranchissable. Je vomis ma timidité et me promet de ne jamais oublier son visage. Le visage d'un enfant heureux. Arrivée hésitante à la gare. La fille à la robe blanche et aux cheveux d'or n'est pas au bout du quai. Figé contre le mur, je dessine ses courbes majestueuses avec un crayon géant au goût d'amour sucré. Paris est la ville de l'imaginaire. Dans le métro, j'invente un passé à tous les visages que je croise. Mon conscient fait ainsi la connaissance d'un pirate, d'un héros de guerre, de Joe Strummer, d'une spationaute droguée et du fantôme de Ian Curtis. Après quoi courent-t-ils, l'amour ou juste le prochain train ? 17h55, une bise polluée entraîne mes cheveux dans une danse désolante. Un panneau, des va et vient. Au milieu des cris, des injures, des rires et des pleurs, une fille apparaît. Une fille ? Je vérifie si des ailes ne sont pas accrochées à son dos, perdu. Tout à un nouveau un sens. Le mécanisme de mon coeur bat la cadence une allure vertigineuse. Elle se dirige vers moi d'un pas décidé. Un, deux, trois baisers. J'ordonne à mon coeur de ralentir le rythme. Il ne m'écoute pas. Sa main agrippe la mienne, m'emporte dans son monde. C'est plus intense qu'un saut en parachute, plus sensuel qu'un baiser de cinéma, plus fou qu'un solo de Marc Ribot, meilleur que le meilleur des desserts. (Non je ne fais jamais de paragraphe, ça incite les gens à lire et je ne veux pas de gens qui lisent ce que j'écris juste parce qu'ils pensent que ça va être rapide.) Un labyrinthe d'immeubles angoissants aux têtes assoiffées de sang. Une marche saccadée, appliquée à suivre le chemin tracé par la pluie d'or d'une fée. Je n'arrive pas à un château mais chez elle. Et ça vaut tout les châteaux du monde. Prince de passage venu conquérir l'inconquérable. 5ème étage, vue sur son coeur. Peintures d'âme, décoration acharnée. Vite, elle est malade. Remède espoir, dépose ton souffle sur la fée qui ne peut aimer. Montre lui comme tout est beau autour, montre lui qu'il est beau de croire en moi, en elle, en nous. Des larmes au goût acide, qui arrachent dans une douleur sans nom les dernières barrières secrètes de l'homme. Il est nu, il rougit. Effrayé, il s'efface, n'ose parler. Il la regarde, elle, la fille aux cheveux d'or. En face, la vie s'arrête au moment du départ du dernier employé. La notre commence enfin. Quelques trous noirs errants triomphants dans l'espace secondaire de mes pensées. Putain, ça y est, je saigne. L'amour bouillonne, l'envie résonne, le corps enlacé dans l'éphémère. Je suis amoureux, le reste on s'en fout.

Hélène Mailloux, je vous aime.

# Posté le dimanche 12 octobre 2008 17:52

Modifié le jeudi 16 octobre 2008 06:18

Stroke of midnight.

Stroke of midnight.
Aujourd'hui, celle qui m'a mis au monde m'a dit qu'il y avait des moyens plus radicaux de se tuer que boire et fumer seul dans son lit. Aujourd'hui, j'ai perdu des personnes que je pensais être des amis. Ce soir, je n'arrive même pas à faire sourire celle que j'aime. La lune ne bouge pas. Elle regarde, impuissante. Comme moi. Et si ce soir, tout s'arrêtait, à qui manquerais-je ? Qui se souviendrait de moi dans un mois, un an, une vie ? J'ai eu mon bac, je suis à l'université. Dans quelques années, j'aurais un travail. Et puis, finalement je mourrai. N'est ce pas contradictoire ? L'alcool brûle mes poumons. Des larmes, désespérantes. Un étouffement étrangement désagréable. Est ce que tu m'en veux ? Et d'un seul geste, détruire un empire.

Est ce qu'ils finiront par ouvrir les yeux ?


Je peux sourire, mais c'est très extérieur,
Mon rire moqueur, un rien ne désarme,
Si vous sondiez mon coeur tout baigné de larmes,
Vous verseriez avec moi un pleur.

# Posté le mardi 07 octobre 2008 16:55